« Pourquoi écrire ma biographie ?
Je n’ai rien à raconter… »
Quand je parle de biographie aux personnes que je rencontre, je découvre chaque fois une réaction différente : tour à tour curieuses, indifférentes, intriguées, sur la réserve, fuyantes ou grandiloquentes, elles me partagent soit mille raisons d’écrire leur autobiographie, soit mille autres de ne surtout pas le faire. Entre ego et humilité, parcours de vie, leçons, peurs de ne pas intéresser, ne pas être compris, soulever des souvenirs douloureux ou faire du mal à ses proches, qu’est-ce qui pousse tant de personnes à écrire leur autobiographie ?
Dans cet article, je vous propose de découvrir pourquoi tout le monde peut écrire son autobiographie, peu importe de quel passé on revient.
(Pssst, il y a une petite surprise tout à la fin… )
« Ma vie est banale »
Écrire son autobiographie pour reconnaître la beauté de sa vie
Parfois, on a tendance à croire qu’il n’y a que le beau qui mériterait d’être écrit. Le beau, ce serait nos belles actions, nos joies, nos bonheurs, nos qualités. Un peu comme un beau profil Instagram, rempli de photos plus jolies les unes que les autre, des sourires à gogo, des amis à foison, des paysages à couper le souffle ; en somme, une vie qui donne envie.

Pourtant, à mon sens, la beauté se cache rarement dans ces artifices. Une photo où tout le monde sourit fait, certes, sourire. Mais elle a tendance à camoufler le chemin traversé pour en arriver là. Derrière ce sourire capturé, pris en otage dans un cliché immobile, il y a une histoire. Des leçons, des échecs, des désillusions. Je ne parle pas seulement des pires tourments que les humains puissent endurer ; pas besoin d’être martyre pour avoir une histoire. Je parle aussi de toutes ces choses qui nous passent par la tête, alors même que dehors le vide semble — et semble seulement — rythmer notre existence.
La beauté est dans le chemin, dans la façon dont nous avons évolué, dans le sens que nous donnons à ce que nous avons vécu. Dans le courage que nous mettons, chaque matin, à continuer notre histoire.
Elle est dans notre vision du monde, les personnes aimées, les mots inoubliables, les paysages contemplés, les questions en suspens, les musiques adorées, la chair de poule, les petits détails qui nous ont fait sourire, les rencontres bouleversantes, les grandes aventures et la banalité d’un lundi matin…
« C’est trop douloureux »
Écrire son autobiographie pour enfin s’accepter
Quand on écrit sa vie, on peut se retrouver confronté à plusieurs sentiments désagréables, comme les regrets, les remords, la honte, la colère, la frustration, la déception, le désespoir… C’est un fait : quand on a vécu, on échappe rarement à cela. Mais ne vous y trompez pas, car cela n’est qu’une étape du processus d’écriture. En réalité, c’est même souvent sa matière première ; l’écriture et l’introspection nous permettent d’en tirer les quelques précieuses gouttes d’espoir.
En posant les mots que nous avons sur le cœur, on se décharge, on donne de la cohérence au nœud qui nous fait mal, à l’intérieur. On tire sur ses fils, on le dénoue, petit à petit, jusqu’à ce qu’on se soit fait un peu plus de place en soi. Parfois, il suffit de noircir les pages pour y voir un peu plus clair.

Cette histoire est la vôtre : l’écrire, c’est vous redonner la parole sur ce que vous avez vécu. C’est choisir ce que vous faites de votre passé et la personne que vous voulez être aujourd’hui. C’est préparer les chapitres à venir en ayant accepté que ce sont les chapitres précédents vous ont mené jusqu’ici.
N’ayez pas peur du regard d’autrui. Si vous n’écrivez que pour vous, personne n’a à s’en mêler. Si vous écrivez pour un public, vous êtes le seul à choisir ce que vous partagez, et comment vous le partagez. Si des personnes sont impliquées, vous n’avez pas besoin de donner leur identité . (Voici un lien sur la question du droit à la vie privée en biographie.) Si vous ne souhaitez pas partager les détails de certains événements, vous n’avez pas besoin de les partager. Les mots permettent de tout communiquer sans avoir à tout décrire : les métaphores et les sauts dans le temps sont vos outils pour suggérer ce que vous avez besoin de raconter sans le dire d’une façon trop « crue » et directe.
Écrire sa vie permet de parler à soi-même dans le calme, prendre de la distance, voir son histoire comme celle d’un autre. Petit à petit, en la déposant sur le papier, on lui donne une existence à l’extérieur de soi. Alors, enfin, on peut changer de perspective.
Et ça fait du bien !
« Qui ça va intéresser ? »
Écrire son autobiographie pour soutenir ceux qui traversent ce que vous avez traversé
Quoi que vous ayez traversé, vous pouvez le rendre utile aux autres. On vit tant de choses qu’on ne dit pas, et pourtant ! Quand on s’ouvre un peu à son entourage, on se rend vite compte que l’on était pas seul à être confronté à telle ou telle situation.
Souvent, quand on écrit, on a peur que personne ne soit intéressé par son livre, parce qu’on a l’impression que son histoire est trop banale, ou pas assez attrayante : « Mais qui ça va intéresser ? ».

On sous-estime le pouvoir des livres. Leur but n’est pas de devenir des best-sellers (du moins, si cela peut arriver, c’est une motivation qui reste très fragile et peu intéressante du point de vue humain) ; son but est de toucher. Une fois que vous aurez écrit votre autobiographie, vos mots trouveront ceux qu’ils doivent trouver.
Vous montrer tel que vous êtes réellement, dans vos sourires et vos mots, vos forces et vos failles, c’est donner la chance à d’autres personnes de s’identifier à vous, de trouver un allié sur leur propre chemin, de savoir que d’autres sont ressortis vivants de ce qu’elles peinent à traverser aujourd’hui.
Écrire vos remontées comme vos chutes, c’est donner un appui à ceux qui se sentent perdre pied.
En bref, soyez fier de la personne que vous êtes devenue.
Qu’il s’agisse d’écrire votre autobiographie, ou bien de composer votre musique, de vendre vos photos, d’exposer vos toiles, de montrer vos films : il y a un public qui vous attend. Ne cherchez pas à toucher de nombreuses personnes.
Cherchez à n’être que vous-même, authentique, vrai : les bonnes personnes viendront sur votre chemin. Elles seront peut-être moins nombreuses, mais elles seront là pour qui vous êtes réellement. Penser ainsi, c’est s’offrir la liberté d’être soi-même.

Merci d’avoir lu jusqu’ici ! N’hésitez pas à visiter les autres articles de ce blog si le sujet vous a intéressé.e, ou même à partager votre propre témoignage en commentaire. Est-ce plutôt simple, pour vous, de raconter votre passé ?
Et si vous souhaitez participer à des ateliers d’écriture ou que vous êtes à la recherche d’une plume pour écrire votre histoire ou celle de votre famille, vous savez où me trouver 😉 D’ailleurs…

Un nouveau cycle d’ateliers d’écriture biographique va débuter !
Celui-ci aura lieu dans les prochains mois dans la boutique de musique « La bonne aventure » à Guebwiller. Prochain rendez-vous : le 19 mars de 16h à 17h30/18h. Le tarif est au chapeau et les réservations sont à faire au 06.86.01.48.90 ou par mail via bio.lisasokolsky@gmail.com, sous réserve de places disponibles.


Lisa Sokolsky
Écrivain biographe et animatrice d’ateliers d’écriture
Passionnée par l’écriture, les histoires de vie et les voyages, je vous aide à concrétiser vos projets d’écriture !

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